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actus | 22.05.2015 - 14 h 32 | 0 COMMENTAIRES
Critique : « Mad Max – Fury Road » de George Miller

téléchargement (6)Plus de trente cinq ans après le premier opus, après une filmographie des plus diverses (Les Sorcières d’Eastwick, Babe, Happy Feet), George Miller revient à ses premières amours avec Mad Max : Fury Road, quatrième volet de la saga qui révéla Mel Gibson dans le rôle de Max Rockatansky. Trop vieux pour rendosser le blouson du flic vengeur, l’australien cède la place au magnifique Tom Hardy pour ce nouvel opus qui n’est ni vraiment une suite directe, ni pour autant un reboot, mais recycle avec une habileté certaine toute la mythologie qui entoure Mad Max.

L’attente aura été très longue mais pas vaine, puisque Mad Max : Fury Road tient toutes ses promesses. La première demi-heure frappe fort avec une introduction pendant laquelle un lézard bicéphale termine sous le talon, puis tout cru dans le gosier de Max. Surgit alors une bande de guerriers tout blancs, dévots d’un gourou du nom d’Immortan Joe, le grand méchant masqué du film. Ils kidnappent notre héros, qui se trouve alors réduit à servir de banque de sang sur pattes à ces illuminés. Voilà qui annonce la couleur.

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Ce ne sera pourtant pas Max qui sera au centre de l’intrigue, mais une femme que le destin va mettre sur sa route. Et quelle femme ! J’ai nommé Imperator Furiosa (Charlize Theron), un personnage bad-ass à souhait et à moignon qui décide de s’échapper du joug de Joe avec ses femmes (reproductrices) à bord d’un engin de guerre massif. Débute alors une course poursuite d’anthologie sous forme de concentré d’action pure sur près de deux heures. Pas ou peu d’effets spéciaux numériques, mais des explosions old schools dans tous les sens, des cascades périlleuses entre motos et 4×4 lancés à toute berzingue dans le désert, et des plans sublimes.

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Autant dire qu’on en prend plein la vue, et que Miller, la soixante-dizaine bien tassée, n’a pas manqué d’énergie pour mener à bien son projet sur quatre ans et six mois de tournage, dont on comprend maintenant combien ils a pu être chaotiques. Il faut souligner l’efficacité d’un montage qui, tantôt frénétique, tantôt alignant les plans séquence, parvient à nous plonger au coeur de l’action dans des plans étonnamment lisibles vu la quantité de détails qui y fourmillent. Et quand les engins en furie dévalent au cœur de tornades rouges et ocres dans un plan halluciné et infernal, on frise le génie tant le plan est beau et l’image puissante.

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Par ailleurs, si le long métrage reprend les éléments fétiches des premiers épisodes : bagnoles destroy, looks métalleux et punks, ambiance SM (Max est quasiment en laisse avec une muselière pendant une demi-heure avant de dévoiler son – beau – visage), George Miller y a installé des éléments à la résonance beaucoup plus actuelle. Un joueur de guitare-lance-flamme en summum de coolitude. Des guerriers punk du désert d’Immortan Joe portés par l’espoir du Valhalla (le paradis viking) qui renvoient aux djihadistes d’aujourd’hui. La fin de leur maître, mis en pièce, qui rappelle le lynchage de Khadafi. Et des amazones qui se retournent contre leur mari font de ce film, comme on a pu l’entendre, un véritable plaidoyer pour le féminisme. A leur tête, Charlize Theron, impériale avec son moignon et son crâne rasé, vole la vedette au Max du titre. La relève est assurée.téléchargement (10)

Bref, Fury Road fait du neuf avec du vieux, et de la plus belle des manières. Du grand spectacle !

 

actus | critiques | 28.12.2014 - 14 h 29 | 0 COMMENTAIRES
Mon flop 10 des films de 2014

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Mon second marronnier de fin d’année, après le Top 10 ciné, c’est bien sûr le Flop 10, qui marque également le 100è article posté sur ce blog.

J’y intègre à la fois des films ratés, mais aussi des films un peu moins médiocres mais décevants. De ce point de vue, compte tenu des espoirs placés en lui, Interstellar n’est donc pas passé loin.

Néanmoins, il y avait pire. Voici donc mon classement, toujours forcément subjectif, des pires bobines de 2014 que j’aie vues, en commençant par la fin :

10. Sin City 2 de Robert Rodriguez et Frank Miller

Si j’étais de prime abord heureux de retrouver l’univers de Sin City à l’écran, près de 10 ans après un premier volet spectaculaire, je dois bien reconnaître avoir été bien déçu par ce second épisode. La faute à un scénario décousu, sans fil conducteur, qui ne parvient pas à mettre en valeur son casting quasiment impeccable et n’évite pas les redites. Au final, ce Sin City 2 – J’ai tué pour elle ne se révèle malheureusement pas à la hauteur de mes attentes.

 

439038.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx9. The Interview de Seth Rogen et Evan Goldberg

Seth Rogen et Evan Goldberg peuvent remercier les hackers de Sony qui leur ont permis de leur faire une publicité monstre pour l’Interview qui tue (titre français) et d’être téléchargée un million de fois le jour de sa sortie. Pas si atroce qu’on a pu le dire, on a surtout l’impression d’assister à une comédie oubliable dont le scénario comme la réalisation et les décors ont été bâclés et torchés à la va-vite. Dommage, car certains passages sont réussis, comme la première interview (celle d’Eminem dont je ne révèlerai pas la teneur pour ne pas spoiler le gag), ou les échanges entre le journaliste débile incarné par le toujours aussi séduisant James Franco avec un Kim Jong Un (Randall Park) amateur de Margharitas et fan de Katy Perry.

4704258. Monuments Men de George Clooney

L’acteur-réalisateur nous avait habitué à mieux derrière la caméra, mais force est de constater que malgré un sujet intéressant sur le papier et un casting pas dégueu, son dernier film s’avère des plus décevants. La faute à un scénario sans enjeu dramatique, où se déroule une succession de scènes décousues et sans le moindre intérêt.Quant à ses acteurs, entre une Cate Blanchett incapable de parler français sans accent (un peu gênant pour un personnage de Française) et un Jean Dujardin peu crédible à qui on continue de faire jouer le mariole, ils ne relèvent pas le niveau. Sans conteste le pire film de George Clooney.

2878797. Divergente de Neil Burger

Enième adaptation de série littéraire à succès pour adolescentes, Divergente ne vaut guère mieux qu’Hunger Games. Le schéma, bien connu, est identique. Une héroïne malgré elle, ennemie d’un système plus ou moins totalitaire, qui va devenir fer de lance d’une révolution en marche à la fin d’un premier volet introductif dans lequel Kate Winslet et Ashley Judd viennent cachetonner. J’y ai quand même trouvé un intérêt dans la personne de Theo James, le bellâtre dont Shailene Woodley s’éprend, et dans la B.O. qui contient quelques passages de l’album de Woodkid. Attention, un deuxième volet intitulé Insurgent arrive bientôt.

annabelle6. Annabelle de John R. Leonetti

Sorte de prequel de The conjuring (un film d’horreur assez efficace sur un couple d’exorcistes des seventies), Annabelle a connu un beau succès public (dépassant Mommy en termes de nombre de spectateurs au moment de sa sortie) et a également fait parler d’elles à cause des incidents qu’elle a déclenché dans certaines salles, lui valant quelques déprogrammations. Et pourtant, rien à retenir de ce film à petit budget qui s’inspire de la triste histoire de Sharon Tate. Une réalisation bâclée, un scénario sans surprise et surtout un film qui n’effraie jamais. Et on se demande encore comment quelqu’un de sain d’esprit aurait envie d’acquérir une poupée aussi horrible. Un ratage dont le seul mobile semble financier.

5592665. Pompéi de Paul W.S. Anderson

Là encore, les motivations qui m’ont poussé à m’infliger ce film se résument à bien peu (en l’occurrence à Kit Harrington, aka Jon Snow de Game of Thrones). Un film rapide à chroniquer puisque je n’en ai pas retenu grand chose. Jon Snow incarne un esclave Gaulois (et gaulé) qui s’éprend d’une belle citoyenne de Pompéi, sur laquelle un méchant gouverneur interprété par Kiefer – Jack Bauer – Sutherland entreprend de mettre le grappin. C’est filmé avec les pieds, interprété sans aucune conviction, et on connaît bien évidemment la fin. Si ce n’est qu’une éruption volcanique ne semblant pas suffisamment spectaculaire (attention, spoiler !) ils ont rajouté… un tsunami. Les Américains ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

téléchargement (2)4. Le jeu de la vérité de Vincent Desagnat

Je me demande encore ce qui m’a poussé à regarder ça, si ce n’est la curiosité de voir l’adaptation de cette pièce de théâtre de et avec Philippe Lellouche qui connût un franc succès, et la nécessité d’occuper mes trajets quotidiens. Mais n’est pas Le Prénom qui veut. Ce Jeu de la vérité s’apparente à une série de clichés et lieux communs débités par un trio de potes hétéros ploucs à leur amour de jeunesse retrouvée (Vanessa Demouy), devenue paraplégique. Pas une fois drôle, globalement mal jouée et parfois carrément gênante, cette comédie moraliste est d’assez mauvais goût. Même pour moi dont les goûts sont souvent douteux, c’était pénible à regarder.

Dracula Untold Affiche3. Dracula Untold de Gary Shore

Encore un film que j’ai regardé pour occuper mes trajets train – bus, bus – train quotidiens. Et mal m’en a pris. J’ai beau ne pas être insensible aux charmes de Luke Evans (vu cette année encore dans Le Hobbit), force est de constater que ses choix de artistiques ne sont pas des plus judicieux. Cette resucée qui se veut moderne du mythe de Dracula viole allègrement l’oeuvre de Bram Stoker qui, même s’il en a vu d’autres, a dû encore se retourner dans sa tombe. Pour ne rien arranger, les scènes d’actions qui constituaient le principal intérêt du film sont ratées. Et c’est laid, très laid. Une adaptation qui finira comme tant d’autres dans les oubliettes.

téléchargement2. Les trois frères, le retour de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus

C’était prévisible, et ça s’est malheureusement confirmé. Retour perdant pour les Inconnus et leur suite des trois frères, dézingués par la critique. Malgré leurs bonnes intentions et le plaisir manifeste qu’ils ont eu à retrouver les personnages qui nous avaient quand même bien fait marrer dans les années 90, leur scénario ne parvient jamais à susciter le moindre éclat de rire, le trio restant bloqué dans une certaine nostalgie et un humour daté, sans aucun renouvellement. Ce qui est assez embarrassant pour une comédie, mais n’a néanmoins pas empêché le film de cartonner en salles.

téléchargement (3)1. Lucy de Luc Besson

Le premier film de mon Flop 10 est assez ironiquement aussi le plus gros succès commercial du cinéma français dans le Monde. Il faut reconnaître à Luc Besson d’avoir un excellent sens du divertissement, de l’action, et du marketing. En cela, Lucy remplit son contrat avec son lot de gun fights et de courses-poursuites dans Paris. Mais pour un film dont le pitch est celui d’une jeune femme qui apprend à utiliser 100% de ses capacités cérébrales, le scénario est d’une stupidité et d’un grotesque tels que le tout prend des allures de vraie escroquerie. Si bien qu’on est souvent à la limite du ridicule avec, notamment, une scène pré-historique qui doit se vouloir malickienne, dans laquelle Lucy (sous les traits de Scarlett Johansson) rencontre Lucy (l’ancêtre de l’humanité). Pire que tout, Besson parvient à faire mal jouer Scarlett, excellente actrice au demeurant, dont la prestation se résume à écarquiller les yeux pendant 1h30, tel un poisson mort. Pour une meuf censée être ultra-intelligente, vous reconnaîtrez que ça la fout mal…

critiques | 23.12.2014 - 16 h 43 | 0 COMMENTAIRES
Mon top 10 des films de 2014

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(Mis à jour le 28/12)

Qui dit Noël, dit marronnier. La fin d’année approchant à grands pas, il est venu le temps pour moi de me livrer au mien et de faire le bilan des films qui m’ont marqué ces douze derniers mois.

Classement forcément subjectif dans lequel on ne trouvera pas le tant loué Insterstellar, présent dans la plupart des tops, mais qui malgré quelques qualités indéniables m’a assez déçu.

Ayant vu Whiplash après avoir écrit ce top, une mise à jour s’est imposée et Tom à la Ferme de Xavier Dolan se voit donc éjecté de la dernière place que je lui avais attribuée initialement. Etant donné que Mommy occupe toujours la première, je pense qu’il ne m’en voudra pas.

Commençons par la fin :

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10.  Les Combattants de Thomas Cailley

Un premier long-métrage qui dynamite la comédie française avec une singularité et une maîtrise notables, qui fit forte impression à la dernière Quinzaine des réalisateurs cannoise. Et confirme, au passage, les qualités de son interprète principale Adèle Haenel, césar du second rôle 2014 pour Suzanne.

Jouant sur les contrastes entre ses personnages principaux, Cailley orchestre avec un humour ravageur une romance sur fond de survie, en mélangeant adroitement les genres (comédie, romance, aventure). Une belle découverte.

 

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9. Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée

Autre réalisateur canadien avec le vent en poupe (son Wild cartonne actuellement outre-Atlantique), Jean-Marc Vallée nous offrait en janvier un joli film sur la survie et la tolérance avec Dallas Buyers Club.

L’occasion pour Matthew McConaughey et Jared Leto de faire de belles performances à Oscar dans les rôles d’un rodeo guy hétéro-beauf pour le premier, et d’un transsexuel pour le second, tous deux frappés par le sida dans le Texas des années 80.

 

téléchargement (2)8. X-Men : Days of Future Past de Bryan Singer

Premier blockbuster de ce classement, le dernier des volets de la saga X-Men marque également le retour aux manettes de Bryan Singer.

Une vraie réussite dans laquelle Wolverine voyage à travers le temps pour sauver les mutants de l’extinction, nous offrant plus de deux heures de grand spectacle et de scènes d’anthologie (la fameuse scène de Quicksilver) tout en parvenant grâce à la roublardise de son scénario à totalement effacer les événements du désastreux X-Men 3.

 

7. Night Call de Dan GilroyNIGHT CALL

Belle pépite du circuit indépendant que ce Nightcrawler (son titre original) signé par le frère de Tony Gilroy. Jake Gyllenhaal y est tout simplement parfait dans le rôle d’un jeune type énigmatique qui s’improvise reporter d’images choc dans les nuits de LA.

Un rapace qui s’avérera très doué pour ce job et pour vendre ses images volées à une productrice de News Channels en bout de course incarnée par Rene Russo. Un thriller d’excellente facture sur fond d’une satire du monde des médias.

 

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6. The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

Qu’on y adhère ou pas, on sera bien obligé de reconnaître à Wes Anderson qu’il n’a pas son pareil pour créer un univers, un style et une ambiance reconnaissables entre mille. Et quand il convoque dans son Hôtel une galerie de personnages tous plus fantasques les uns que les autres, interprétés par un casting forcément 4 étoiles, difficile de faire la fine bouche.

Un film qui synthétise toutes les qualités de son oeuvre avec une véritable élégance et un sens de la narration indéniable.

arton28373-e03f15. Whiplash de Damien Chazelle

De la musique, de la sueur, du sang et des larmes au programme de ce Prix du public du festival du film indépendant de Sundance. Whiplash raconte l’histoire d’Andrew, un jeune étudiant en musique (Miles Teller) qui rêve de devenir l’un des plus grands batteurs de jazz de son temps, et de rejoindre l’orchestre de Terence Fletcher (J.K. Simmons), professeur de musique intraitable. Repéré par ce dernier, Andrew va être poussé au-delà de ses limites par ce mentor irascible qui ne recule devant rien pour faire se surpasser ses élèves : humiliation, violence psychologique, perversité… Le duo d’acteurs fonctionne à merveille et nous offre un affrontement qui monte crescendo, jusqu’à un final en apothéose. Un vrai coup de fouet !

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4. Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn

Deuxième blockbuster de mon classement, ce n’était pas forcément le plus attendu, et pourtant le plus gros hit du box office de l’année. A juste titre tant James Gunn parvient à livrer un divertissement à la fois spectaculaire, nostalgique et complètement drôle.Portés par un univers visuel fou, une BO rétro des plus réussies et un casting qu’on ne peut qualifier que d’on ne peut plus cool (Ah, Chris Pratt), ces Gardiens de la Galaxie s’imposent comme de nouveaux concurrents sérieux face à l’écurie Star Wars. On attend déjà la suite…

 

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3. Boyhood de Richard Linklater

Style et moyens radicalement différents pour le long-métrage qui s’inscrit aux marches de mon podium annuel. Un film-fleuve dont la production se sera étalée sur pas moins de douze ans, pour retracer le parcours d’un enfant, depuis ses 6 ans jusqu’au seuil de l’âge adulte. Un projet unique en son genre pour lequel le réalisateur de la trilogie des Before (- Sunrise, Sunset et Midnight), obsessionnel du temps qui passe, a réuni pendant quelques jours de tournage, une fois par an, ses acteurs devant sa caméra.

Grâce au charme naturel des acteurs, de sa révélation Ellar Coltrane à la toujours aussi classe Patricia Arquette, au naturalisme inédit et à une façon brillante de sublimer l’ordinaire, Boyhood s’impose comme un classique instantané.

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2. Gone Girl de David Fincher

Qui mieux que David Fincher (7even, Zodiac) pour porter à l’écran Les Apparences de Gillian Flynn (qui signe ici l’adaptation de son propre roman) ? Après s’être attaqué à Millennium, le réalisateur de Fight Club revient en très grande forme avec ce thriller extrêmement retors dans lequel un journaliste (Ben Affleck) se retrouve suspect numéro un après la mystérieuse disparition de sa femme (Rosamund Pike), riche héritière de parents ayant fait leur fortune avec des livres pour enfantsla mettant en scène.

Si l’auscultation d’un couple à la dérive s’avère finalement seulement esquissée, Fincher se révèle brillant pour jouer avec ces fameuses apparences dont il est question dans le titre du livre original, et manipuler le spectateur du début à la fin, avec un humour noir assez délectable. Affleck est transparent, comme l’exige son rôle. Rosamund Pike livre quand à elle une interprétation remarquable et remarquée. Personnellement, la fin m’a laissé sur le cul !

1. Mommy de Xavier Dolan

Une fois n’est pas coutume, c’est donc le même réalisateur qui ouvre et ferme mon top annuel. En l’occurrence, le stakhanoviste Xavier Dolan qui signe à seulement 25 ans son meilleur film et selon moi le plus marquant de 2014. Avec ce mélo familial, Xavier Dolan frappe un grand coup et signe sans conteste son plus grand film, et accessoirement le meilleur de l’année à ce jour, porté par l’interprétation d’un trio d’acteur magistral : Anne Dorval, Suzanne Clément et Antoine Olivier Pilon.

Dolan parvient avec Mommy à nous charrier entre éclats de rires et de larmes, espoir et désespoir, calme et tempête. Et ce sur plus de deux heures, sans que l’on ressente, au contraire de certains de ses précédents films, la moindre once d’ennui. On comprend mal d’ailleurs, comment le jury Cannois n’ait pu lui attribuer que le moins bon de ses prix. Mais peu importe, Mommy explose tout sur son passage par la force de son énergie et de son souffle dramatique. Une pure merveille.

 

 

 

 

 

 

 

 

critiques | 05.10.2014 - 11 h 30 | 2 COMMENTAIRES
Critique : « Mommy » de Xavier Dolan

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arton26911-ef28dA vingt-cinq ans seulement, Xavier Dolan a déjà cinq longs métrages à son actif : J’ai tué ma mèreLes amours imaginairesLaurence AnywaysTom à la ferme, et maintenant Mommy, prix du Jury du dernier Festival de Cannes.

Si ses premières oeuvres pouvaient faire débat, certains lui reprochant un maniérisme et un lyrisme outrés cachant un propos un peu creux, le dernier opus du « prodige du cinéma canadien » mettra tout le monde d’accord. Avec ce mélo familial, Dolan frappe un grand coup et signe sans conteste son plus grand film, et accessoirement le meilleur de l’année à ce jour, porté par l’interprétation d’un trio d’acteur magistral.

Après s’être frotté à un grand sujet avec l’épopée d’un homme voulant devenir femme (Laurence Anyways), et au film de genre avec le très réussi Tom à la ferme, l’acteur réalisateur reprend un thème qu’il avait déjà abordé lors de son premier long-métrage, J’ai tué ma mère, celui des relations mère-fils, mais sous un angle différent puisque le thème récurrent de l’orientation ou de l’identité sexuelle n’est plus présent ici, où seule compte la survie.

Dans la province de Montréal, Diane Després, alias Die (Anne Dorval), une mère veuve en plein déclassement tente de joindre les deux bouts alors qu’elle vient de récupérer son fils de quinze ans, Steve (Antoine Olivier Pilon) d’un centre pour mineur où il a provoqué un incendie. Aussi attachant qu’instable et imprévisible, l’adolescent bouleverse et déséquilibre la vie de sa mère, tout en déstabilisant la vie de leur mystérieuse voisine Kyla (Suzanne Clément), avec qui la mère et le fils font connaissance à la suite d’un affrontement d’une grande puissance.

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Mommy est un vrai film d’acteurs, qui laisse à Anne Dorval tout le loisir d’exprimer sa grande exubérance dans un argot local absolument délicieux et hilarant, à l’image de son look décalé. Un rôle en or pour cette actrice révélée par une série canadienne à succès. Tout en contraste, Suzanne Clément (déjà impressionnante dans Laurence Anyways) interprète brillamment une prof bègue dépressive tout en réserve, à la parole au contraire bloquée. Un personnage clé qui parviendra de façon surprenante à équilibrer ce duo familial ô combien instable. De son côté, le jeune Antoine Olivier Pilon n’est pas en reste et s’impose comme la révélation du film, dégageant un charisme fou et une énergie impressionnante capable d’exploser à n’importe quel moment.

Mais au-delà de la direction d’acteurs exemplaire, on est également frappé par la grande maîtrise formelle du film et la mise en scène de Dolan, qui ose le format carré pour être au plus près de ses personnages. Un format avec lequel il saura jouer de la plus belle des façons grâce à un plan parfait dans lequel Steve écarte le cadre avec ses mains. On retrouve aussi mais de manière moins ostentatoire et systématique les motifs classiques qui font la patte de l’auteur : les jeux de lumière (particulièrement belle ici) et des ralentis qui viennent accentuer les moments les plus dramatiques.

068027Et bien sûr, la musique qu’il intègre complètement dans l’action avec des tubes ultra-populaires joués in extenso (il le dit et le répète, Titanic est son film préféré). On se souviendra de Colorblind des Counting Crows qui accompagne le ballet de Steve avec un caddie, d’On ne change pas de Céline Dion, « trésor national » sur lequel s’abandonnent joyeusement ce trio d’acteurs incroyable dans une parenthèse enchantée; ou encore de Vivo per lei, que Steve interprète dans une scène de karaoké décisive où la tension monte crescendo, à l’origine d’un des climax du film, sans trop en dévoiler.

On a beau chercher des défauts à ce film, difficile d’en trouver tant Dolan parvient à nous charrier entre éclats de rires et de larmes, entre espoir et désespoir, calme et tempête. Et ce sur plus de deux heures, sans que l’on ressente, au contraire de certains de ses précédents films, la moindre once d’ennui. On comprend mal d’ailleurs, comment le jury Cannois n’ait pu lui attribuer que le moins bon de ses prix. Mais peu importe, Mommy explose tout sur son passage par la force de son énergie et de son souffle dramatique. Une pure merveille.


MOMMY de Xavier Dolan – Extrait 2 par diaphana

critiques | 20.09.2014 - 15 h 14 | 0 COMMENTAIRES
Critique : « Sin City 2 – J’ai tué pour elle » de Frank Miller et Robert Rodriguez

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sin_city_a_dame_to_kill_for_eva_green_poster_censureIl aura fallu patienter près de dix ans pour que l’on découvre sur grand écran la suite de Sin City, là encore adaptée par l’auteur des romans graphiques originaux Frank Miller et son acolyte Robert Rodriguez. Ce deuxième volet est-il à la hauteur des attentes suscitées par un premier épisode qui nous avait foutu une telle claque à l’époque ?

Malheureusement, si sur la forme, Sin City 2 est tout aussi réussi, le fond nous laisse un peu sur notre faim. La faute à un scénario qui sonne un peu creux, et qui malgré un casting 4 étoiles sous-exploite certains de ses personnages secondaires pourtant loin d’être inintéressants.

On ne va quand même pas faire la fine bouche, visuellement parlant, le film en impose toujours et on retrouve cette beauté sophistiquée magnifiée par un noir et blanc d’où jaillissent des notes de couleur dans le sang, les chevelures flamboyantes de ses héroïnes badass ou encore les beaux verts d’Eva Green – la plupart du temps dans le plus simple appareil dans des plans sublimes (il faut la voir nager comme une déesse dans sa piscine !). La 3D, une fois n’est pas coutume, rend d’autant plus saisissant les contrastes entre les éléments numériques et le dessin de Miller, qui rendent l’univers de la ville du péché si particulier.

8671406624207 (1)Ava Lord, cette fameuse « Dame to kill for » dont il est question dans le titre, est la protagoniste d’une des trois histoires principales qui composent ce second long métrage. L’actrice campe avec tout ce qu’il faut de sensualité et de froideur pour en faire une sublime salope, incarnation parfaite de la femme fatale. Dire que nos amis les prudes américains ont censuré l’affiche pour un peu de tétons dévoilés…

mickey-rourke-sin-city-2-dame-to-kill-for-first-movie-image-look-e1393516323809Dans le film, Ava est une perverse manipulatrice qui va adroitement manipuler son amant Dwight (Josh Brolin, reprenant ici le rôle de Clive Owen) pour se débarrasser de son richissime mari, avec la complicité d’un homme de main qui en impose (Dennis Haysbert) lui aussi envoûté par le charme de cette « déesse ». Et pas de film noir sans histoire de vengeance, une revanche pour laquelle le privé Dwight utilisera un coup de main de la part de son pote Marv (Mickey Rourke, à la gueule toujours aussi cassée) et de son ex, Rosario Dawson, toujours prête à en découdre.

sin-city-2-trailer-joseph-gordon-levitt-570x294De vengeance, la gogo danseuse Jessica Alba en a elle aussi soif, autant que d’alcool. Endeuillée par la mort de son mec Hartigan (Bruce Willis), qui lui fait l’honneur de quelques apparitions spectrales assez marquantes, elle rêve de mettre fin au règne de celui qui en responsable, le grand méchant sénateur Roark. Ce qui lui fait un ennemi commun avec le toujours aussi classe et séduisant Joseph Gordon-Levitt, audacieux jeune homme que l’on découvre ici et qui va tenter de défier Roark au péril de sa vie. Il croisera en chemin un médecin clandestin interprété par le cultissime Christopher Lloyd, que l’on voit malheureusement trop peu. Au rayon caméo, on notera aussi l’apparition fugace de Lady Gaga, qui s’intègre parfaitement dans le paysage sin citadin.

Sin City 2 Lady Gaga

Pour résumer, le film nous entraîne donc à nouveau sans grande surprise dans les bas fonds de Basin City, alignant d’impression gun ou handfights à un rythme assez soutenu en enfonçant (un peu trop) le clou pour jouer sur l’atmosphère film noir avec une intrigue policière au final assez banale. Il y manque à mon goût quelques grandes figures malsaines et marquantes qui faisaient le sel du premier épisode (les psychopathes interprétés par Nick Stahl et Elijah Wood), et une certaine profondeur dans le script qui se contente ici de rejouer les mêmes figures imposées que dans le premier épisode sans grand suspense.

Mais qu’importe, au final, même si ce second opus n’atteint pas le niveau de son prédécesseur (peu de suites y parviennent, d’ailleurs), la classe formelle de ce petit bijou ultra-stylisé et la joie de retrouver cet univers noir et blanc si particulier et ses personnages badass ne vous feront pas regretter le déplacement.

critiques | 06.08.2014 - 11 h 48 | 0 COMMENTAIRES
Critique express : « New York Melody » de John Carney

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345859John Carney s’y connaît en musique. Il nous l’avait prouvé avec Once, petit bijou sur la rencontre dans les rues de Dublin de deux âmes esseulées sur fond de folk irlandaise, dont la chanson phare, Falling slowly obtiendra même un oscar. Changement de décor et de style musical avec New York Melody (affreux titre français), mais pas de thème.

Débarquée à la Grosse Pomme, une jeune anglaise (Keira Knightley), songwriter à ses heures perdues, se fait larguer par son fiancé devenu rock star (Adam Levine, leader du groupe Maroon Five à la ville, dont c’est le premier rôle sur grand écran). En plein blues, elle se fait remarquer comme par miracle par un producteur en pleine déchéance (Mark Ruffallo, impeccable) alors qu’elle interprète une de ses chansons sur la petite scène d’un pub. L’occasion pour l’actrice, qui interprète elle-même tous les titres, de nous faire découvrir un joli brin de voix.

BEGIN AGAIN

Coup de foudre musical instantané pour l’ancien découvreur de talent, qui imagine instantanément grâce aux effets de l’alcool les arrangements qu’il pourrait faire sur cette petite chanson pop, et embringue la jeune musicienne dans la production artisanale d’un album enregistré aux quatre coins de la ville, avec l’ambiance si particulière de New York en fond sonore.

(L-R) KEIRA KNIGHTLEY and MARK RUFFALO star in BEGIN AGAIN

Carney orchestre dès lors une agréable comédie romantique, dont il joue avec les codes sans vraiment tomber dans les clichés habituels, et nous trousse quelques belles mélodies pop dont il est lui même l’auteur. La rencontre entre ces deux êtres blessés qui redonnent un sens à leur vie autour d’un projet musical aboutira-t-elle à une romance, alors que leur complicité va crescendo au fur et à mesure de leurs sessions new yorkaises ? Rien n’est moins sûr…

Mais là n’est pas le principal intérêt du film, qui malgré un scénario sans grande surprise, parvient à dresser de beaux portraits de personnages en musique dans une atmosphère groovy à souhait, parfaite pour les vacances. Ses chansons ne vous sortirons pas de la tête.

La B.O. de l’été !

 

 

critiques | 01.08.2014 - 15 h 39 | 0 COMMENTAIRES
Critique : « La Planète des singes : l’affrontement » de Matt Reeves

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4383Huitième long-métrage de la saga inspirée du roman de Pierre Boule, La Planète des singes : l’affrontement, fait suite au prequel La Planète des singes : les origines, sorti en 2011 avec James Franco dans le rôle (de l’humain) principal. Et malgré des qualités visuelles indéniables, le film s’inscrit très nettement en deça de son prédecesseur, déjà non exempt de certains défauts.

Si Matt Reeves (Chronicle), qui succède derrière la caméra à Rupert Wyatt, n’a rien d’un manchot et nous offre des effets visuels impressionnants à gogo, avec notamment un final de haute volée (le fameux affrontement du titre français, n’ayant rien à voir avec sa traduction littérale : l’aube de la Planète des singes), le scénario est tellement prévisible que c’est l’ennui qui prend le pas sur le spectacle.

L’introduction est interminable. Quelques années après la fin des événements du premier épisode, un virus simien a décimé presque tous les Hommes tandis que l’on découvre César, le singe héros du premier volet (toujours interprété impeccablement par le roi de la motion capture Andy Serkis) devenu le chef d’un clan de singes évolués et « parlants », qui a pris ses pénates dans la forêt de San Francisco. Malgré une représentation quasi documentaire et assez confondante de la vie de ses singes dans leur environnement naturel, que le réalisateur de Chronicle a su subtilement amener grâce à une maîtrise incontestable de la performance capture (qui semble atteindre un niveau de qualité optimal, puisqu’on croirait ces singes réels), l’intrigue peine terriblement à démarrer et va s’avérer véritablement inintéressante.

la-planete-des-singes-l-affrontement-dawn-of-the-planet-of-the-apes-30-07-2014-9-gUn groupe de rescapés tombe par hasard sur César et ses compères dans ladite forêt – rencontre qui se passe évidemment mal étant donné la stupidité d’un humain on ne peut plus carricatural. Néanmoins, César étant le sage qu’il est, il obtient une trêve fragile avec les humains ira ensuite jusqu’à accepter d’aider l’un de ces hommes, Malcolm (Jason Clarke, inconnu au bataillon et parfaitement transparent – mais pourquoi donc ont-ils viré James Franco ?) à refaire fonctionner un barrage hydraulique, indispensable à la survie de son espèce. Une concession que le singe accorde pour éviter l’inévitable : une guerre entre humains et singes parvenus grosso modo au même stade de l’évolution dont on se doute que l’une des deux espèces tentera de dominer l’autre.

La morale – les singes, devenus « intelligents » sont finalement capables d’être aussi bon ou mauvais que les hommes, et de se faire la guerre entre eux par appât du pouvoir – étant courue d’avance, on n’échappera pas aux hostilités, non sans avoir attendu des plombes ce dénouement spectaculaire vendu par l’affiche et la bande-annonce. Et l’on finit même par être agacé par un scénario qui fait la part belle aux clichés, aux personnages stéréotypés et aux situations convenues. On passera aussi sur la sempiternelle apologie des valeurs familiales.

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La présence au casting de l’excellent Gary Oldman et de la revenante Keri Russell (bien mal servie par un rôle de potiche infirmière) et leurs quelques scènes n’y changeront rien, cette énième version de la Planète des singes ne fera malheureusement pas date en dépit d’une réalisation soignée et d’une puissance visuelle qui, certes, peut mériter le déplacement.

Du beau gâchis !

 

 

critiques | 01.08.2014 - 11 h 13 | 0 COMMENTAIRES
Critique : « Boyhood » de Richard Linklater

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BoyhoodTrès remarqué au dernier festival de Sundance et auréolé d’un Ours d’Argent à celui de Berlin, Boyhood de l’américain Richard Linklater (Rock Academy, A Scanner Darkly…) débarque – enfin – sur nos écrans.

Car il aura fallu pas moins de 12 ans avant que s’achève la production de ce film, qui retrace le parcours d’un enfant, depuis ses 6 ans jusqu’au seuil de l’âge adulte. Un projet unique en son genre pour lequel le réalisateur de la trilogie des Before (- Sunrise, Sunset et Midnight), obsessionnel du temps qui passe, a réuni pendant quelques jours de tournage, une fois par an, ses acteurs devant sa caméra. Et qui à l’instar de ces trois longs métrage suit les mêmes personnages à différentes époques de leur vie.

Boyhood relate l’enfance et l’histoire, banale ou universelle, d’un jeune texan prénommé Mason (Ellar Colltrane, 20 ans aujourd’hui), de son enfance jusqu’à son entrée à l’université, entouré de sa famille tantôt monoparentale (au début du film, le père, interprété par Ethan Hawke, a déjà quitté la mère de Mason – Patricia Arquette ), tantôt recomposée, alors que l’on voit défiler les années sur le visage de ces acteurs, sans artifice. Un petit courage qu’il est donc bon de saluer, car la marque du temps ne leur fait pas de cadeau.

Au fil du temps, on voit donc le gamin se métamorphoser sous nos yeux et son interprétation comme son corps évoluer, laissant une impression de réalisme totalement singulière qu’aucun trucage n’aurait pu provoquer.

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Mais au-delà du simple dispositif, Linklater réussit à peindre cette fresque d’une vie de famille américaine en évitant les figures imposées par ce genre d’exercice. Pas de premier baiser, première expérience sexuelle ou bal de promo donc. C’est dans le quotidien que le réalisateur puise son inspiration, et les scènes qu’il égraine et disperse année par année s’enchaînent avec une surprenante fluidité, si bien que c’est souvent l’unique changement des corps ou des coupes de cheveux qui nous indique un saut dans le temps. Un quotidien pas toujours rose avec une mère célibataire qui élève seule ses deux enfants avant d’enchaîner les remariages foireux, mais dégageant constamment une espèce de vérité qui nous fait nous identifier aux membres de cette famille, à différentes étapes de leur vie.

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On pourra donc aisément lui reprocher un certain manque de propos, voire une extrême trivialité dans l’histoire qu’il nous raconte sur près de 3 heures. Car oui, il ne se passe pas grand chose, et cette longue bobine est principalement remplie par des scènes de dialogue dont le réalisateur est incontestablement maître (il l’avait déjà montrée avec brio dans les Before).

Et pourtant, grâce au charme naturel des acteurs, de sa révélation Ellar Coltrane à la toujours aussi classe Patricia Arquette, au naturalisme inédit et à une façon brillante de sublimer l’ordinaire, Boyhood a vraiment tout d’un classique instantané.

critiques | 23.12.2013 - 16 h 03 | 5 COMMENTAIRES
Top 10 des films de 2013

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Le 31 décembre approchant, il est temps de faire le bilan de l’année ciné écoulée et de vous livrer mon top 10 des films ayant marqué 2013, forcément subjectif.

Voilà qui pourra éventuellement vous donner des idées s’il y a des longs métrages que vous avez loupés.

N’hésitez pas à participer en donnant votre top 10 dans les commentaires.

1.Gravity d’Alfonso Cuaron

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Pour cette grosse claque visuelle et la maestria de la mise en scène du réalisateur mexicain. Un film planant aux images renversantes et un suspense qui ne vous lâche pas.

2. Mud de Jeff Nichols

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Superbe récit initiatique, une sorte de mélange entre Tom Sawyer et Stand by me, Mud revisite le mythe américain de la plus belle des façons et s’impose comme l’un des meilleurs films sur l’enfance. Et un Matthew McConaughey au meilleur de sa forme.

3. Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer

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Formellement impeccable, résolument moderne et incontestablement singulier, Cloud Atlas frappe par sa puissance narrative et son originalité et marque le retour au sommet des frère et soeur Wachowski. Une ode à l’émancipation dans laquelle se mélangent les genres, les histoires et des styles dans un mix détonnant.

4. La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche

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On laissera de côté la polémique sur les rapports entre actrices et réalisateur, et cette scène de sexe controversée pour saluer cette superbe histoire d’amour. Kechiche dessine sur près de trois heures une fresque naturaliste sur la naissance et l’effritement d’une romance entre deux femmes, et l’émancipation de son héroïne impeccablement interprétée par la révélation Adèle Exarchopoulos. Le film qui tombait à pic en cette année de manifs pour tous.

5. Django Unchained de Quentin Tarantino

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Quand Tarantino se frotte au western, ça donne un divertissement brillant bien qu’outrancier, une histoire de vengeance sanglante à l’humour ravageur. Comme d’habitude la B.O. est impeccable et le casting parfait.

6. Le Hobbit : la Désolation de Smaug de Peter Jackson

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Le deuxième volet des aventures du Hobbit surpasse le premier, nous offrant 2h40 d’un divertissement de haute volée, sans aucun temps mort et souvent grandiose, ce qui est d’autant plus appréciable que l’on pouvait s’attendre à un film de transition sans gros enjeu. Du grand spectacle que les geeks comme moi apprécieront.

7. L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie

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Guiraudie convoque Eros et Thanatos pour un simili thriller sur un lieu de drague lacustre et naturiste. Un cadre naturel en scope qui offre un très bel écrin pour ce film à la fois drôle et glaçant, lauréat de la Queer Palm 2013 du festival de Cannes.

8. Prisoners de Denis Villeneuve

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Incontestablement le thriller de l’année. Pour son premier film hollywoodien, le réalisateur d’Incendies livre un polar noir et poisseux, qui part d’un fait divers pour explorer plus profondément la psyché humaine. Fincher n’a qu’à bien se tenir…

9. Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Cohen

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Superbe portrait d’un musicien errant dont la carrière se refuse obstinément à décoller, interprété brillamment par l’excellent Oscar Isaac. Grand Prix du jury au dernier festival de Cannes, Inside Llewyn Davis nous offre une variation dépressive sur la solitude de l’artiste, magnifiée par la beauté de ses plans et de sa musique.

10. Le monde de Charlie de Steven Chbobsky

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Steven Chbobsky adapte son propre best-seller, « The perks of being a wallflower » (ou les avantages à se confondre avec le papier peint) et nous offre un très joli petit film sur le difficile passage à l’adulte. Un teen movie intelligent et sensible qui touche souvent très juste. La distribution est impeccable, de Logan Lerman (Charlie) à Emma Watson qu’on ne présente plus, sans oublier l’excellent Ezra Miller (révélé dans We need to talk about Kevin).

Et vous, quel est votre film préféré ?

critiques | 21.12.2013 - 09 h 36 | 1 COMMENTAIRES
Critique : « Le Hobbit : la Désolation de Smaug » de Peter Jackson

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Le-Hobbit-La-Desolation-de-Smaug-Affiche-Finale-YSABien que le premier volet de la saga n’ait pas tenu toutes ses promesses, la faute à un démarrage plutôt poussif et un récit artificiellement hypertrophié, on était quand même impatient de voir ce qu’allait donner la suite (ou pas). Et disons le tout de suite, le deuxième volet des aventures du Hobbit surpasse le premier, nous offrant 2h40 d’un divertissement de haute volée, sans aucun temps mort et souvent grandiose, ce qui est d’autant plus appréciable que l’on pouvait s’attendre à un film de transition sans gros enjeu.

La (trop) longue introduction du premier opus étant passée, l’action peut enfin commencer et Peter Jackson ne perd plus son temps. Bilbo Baggins, Gandalf et ses 13 compagnons nains s’engouffrent dès le départ dans une sombre et mystérieuse forêt peuplée d’araignées géantes tueuses et d’Elfes assez peu hospitaliers. L’occasion de nous offrir des scènes assez vertigineuses et une séquence d’évasion dans des tonneaux d’anthologie, qui nous prouve que Jackson en a décidément toujours sous le capot quand il est question de mise en scène. L’affrontement entre Elfes et orques est toujours aussi efficace, les flèches fusent dans tous les sens, tous comme les tonneaux remplis de nains, pour notre plus grand plaisir.

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Côté casting, on est un poil surpris de retrouver un Legolas qui semble avoir un peu enflé (Orlando Bloom a pris un petit coup de vieux en 10 ans), et plutôt charmé par l’apparition de Tauriel (Evangeline Lilly), une Elfe sylvestre inventée par Jackson (les inconditionnels de Tolkien hurleront sans doute) qui contre toute attente en penche plutôt pour un nain assez beau gosse – j’ai nommé Kili (Aidan Turner). Du côté des Hommes, l’archer Barde (Luke Evans, aperçu dans Tamara Drew de Stephen Frears) dont l’ancêtre avait failli à tuer le dragon quelques dizaines d’années auparavant, s’avère aussi charismatique qu’un Aragorn, à l’instar du chef des nains Thorin (Richard Armitage).

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Alternant instants de bravoure, moments plus légers voire burlesques, et séquences carrément sombres, Peter Jackson parvient avec ce second opus à renouer avec l’univers de Tolkien qu’il avait restitué à l’écran dix ans plus tôt, tout en s’en affranchissant en prenant un certain nombre de libertés avec l’histoire originelle. Dans les autres entorses au matériau de base (Bilbo le hobbit, un « petit » roman comparé aux trois tomes du Seigneur des anneaux), Jackson et ses coscénaristes Fran Walsh et Philipa Boyens intègrent par exemple à cette quête une confrontation entre Gandalf et le spectre de Sauron, histoire de faire le pont entre la saga du Hobbit et celle du Seigneur des Anneaux.

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Tout comme L’Empire Contre Attaque ou Le Parrain IILe Hobbit : La désolation de Smaug prouve qu’on peut faire une suite plus sombre, plus dramatique et plus aboutie que l’épisode initial, et nous replonge dans les décors sublimes de la Terre du milieu, toujours aussi riche en personnages hauts en couleurs, monstres en tout genre, et paysages hallucinants. Parmi le bestiaire déjà bien fourni, on retiendra bien sûr le dragon Smaug, dont il est question dans le titre. Interprété brillamment par le britannique Benedict Cumberbatch à qui il prête sa voix – et qui retrouve pour l’occasion son collègue Martin Freeman (qui interprète son ami le docteur Watson de la série Sherlock) – ce monstre énorme nous offre une confrontation finale terriblement prenante, qui vous laissera véritablement sur notre faim.