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Critique : « Avengers » de Joss Whedon

11 mai 2012

Les voilà enfin réunis à l'écran pour l'un des films les plus attendus de l'année (pour les geeks en tout cas) : Iron ManHulkThorCaptain AmericaLa veuve noire et Oeil de Faucon. Après avoir été introduits pour la plupart dans leur propre long métrage - dont la qualité n'était pas toujours au rendez-vous (remember "Thor") - Joss Whedon (Mr Buffy) prend les manettes du premier film dans lequel ils se rencontrent tous, et signe le meilleur film estampillé Marvel à ce jour... Un concentré de vannes et d'action de plus de deux heures sans temps mort, où on prend plein les mirettes dans un feu d'artifice visuel détonnant.

Comme souvent pour ce genre de divertissement, le scénario tient sur un post-it : la Terre est menacée par Loki d'Asgard (le frère de Thor), qui a entrepris d'asservir la terre grâce à un cube magique bleu dont il s'est emparé et quelques alliés aliens monstrueux. Afin de récupérer ledit cube et sauver le monde, Nick Fury, directeur du S.H.I.E.L.D., a la bonne idée de réunir tous ces super-héros et de lancer l'initiative "Avengers". C'est un peu con-con, il faut bien l'avouer, mais à partir de cette trame simpliste, Joss Whedon et Zak Penn parviennent à tisser un scénario qui réussit à donner à chacun des personnages une véritable place. Ils équilibrent les moments de bravoure distribués à part égale et créent une véritable alchimie entre eux, notamment grâce à des dialogues savoureux et un humour omniprésent.

Le casting est dans l'ensemble très réussi. Tony Stark (Robert Downey Jr), toujours aussi sarcastique, enchaîne les vannes et les piques en haut débit, un Captain America (Chris Evans) décongelé appréhende l'ère moderne, Thor (Chris Hemsworth) est tout aussi décalé et la Veuve Noire (Scarlett Johansson) s'avère aussi bonne au combat que dans sa manière d'obtenir des informations. Elle recrute un Dr Bruce Banner parfait : Mark Ruffalo, qui succède à Edward Norton et Eric Bana dans ce rôle, n'a besoin que d'une scène pour les faire oublier et offre une interprétation très réussie, tout en tristesse et en humour. "The other guy", comme il nomme Hulk, est tout aussi impressionnant dans ce qu'il sait faire le mieux : écraser. Quant au grand bad guy de l'histoire, Loki, Tom Hiddleston en fait un méchant veule et pathétique à souhait, à défaut d'être véritablement effrayant. En revanche, le nouveau venu Jeremy Renner, dans la peau d'Oeil de Faucon, offre une prestation moins convaincante avec un jeu totalement monoexpressif, y compris quand il sort de son envoûtement. Et que dire de Cobbie Smulders (Robin dans la série "How I met your Mother") réduite à un rôle de potiche totalement inutile.

Mais bon, c'est un plaisir de gosse que de voir tous ces super héros se battre (parfois aussi les uns contre les autres), et tout défoncer sur leur passage. La longue séquence finale à New York offre à ce titre un grand moment où les Avengers montrent chacun ce qu'ils savent faire et explosent de l'alien à tout-va dans un grand festival d'explosions et de destruction (quelque fois manquant de lisibilité tant tout ça s'enchaîne à vitesse grand V). Coût des dégâts fictifs estimés par le Hollywood Reporter : 160 milliards de dollars. Autant dire qu'on en prend plein les yeux et qu'on en redemande ! Bref, mission réussie pour Joss Whedon. Pas de quoi bouder son plaisir, Avengers est un divertissement de première classe qui comblera les fans de comics !

Laissez-vous tenter...

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Critique : « Dark Shadows » de Tim Burton

10 mai 2012

Cinéaste génial avec un univers à part célébré en ce moment à la Cinémathèque Française, Tim Burton nous a offert des chefs d'oeuvre inoubliables au début de sa carrière ("Edward aux Mains d'argent", "Ed Wood"...), avant de commencer à nous décevoir dans les années 2000 avec des films hollywoodiens ratés comme son remake de la Planète des singes ou encore, le dernier en date, "Alice au Pays des Merveilles" (néanmoins l'un de ses plus gros scores au box-office mondial). On avait donc des raisons de douter de la qualité de son dernier opus, "Dark Shadows", l'adaptation d'un soap opéra américain à succès diffusé sur ABC à la fin des années 60.

Une série dont lui et Johnny Depp, son acteur fétiche avec qui il collabore ici pour la huitième fois, sont tous deux des fans. Au final, cette adaptation offre à Tim Burton le terrain de jeu idéal pour faire ce qu'il fait de mieux : mêler le gothique et le comique dans une ambiance à la fois sombre et colorée, effrayante et loufoque.

Johnny Depp y incarne Barnabas Collins, héritier d'une famille de colons ayant quitté l'Angleterre pour fonder une ville dans le Maine à la fin du 18ème siècle. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où le jeune et beau notable éconduit sa servante, Angélique Bouchard (Eva Green), pour une plus classieuse donzelle portant le doux prénom de Josette (Bella Heathcote). S'étant sans savoir que la soubrette était aussi sorcière... Folle de rage, la diabolique Angélique envoie sa rivale se jeter du haut d'une falaise et maudit son amant en le transformant en vampire qu'elle fait enterrer vivant par les villageois. Deux siècles plus tard, Barnabas est sorti par accident de son tombeau et revient dans son manoir pour aider ses descendants, une famille ruinée et un peu dégénérée à remonter la pente que les Collins n'ont cessé de dévaler depuis des lustres. La matriarche Elizabeth (Michelle Pfeiffer) tente tant bien que mal de tenir les rênes de sa famille, qui compte sa fille, une ado un peu rebelle aux jupes courtes que Barnabas prend pour une catin (Chloë Moretz), un frère pique-assiette (Jonny Lee Miller), et son fils qui prétend communiquer avec sa mère disparue en mer. Dans ce manoir vit aussi une psychanaliste alcoolique (Helena Bonham Carter) et arrive une mystérieuse gouvernante, Victoria Winters, qui ressemble trait pour trait à la Josette de Barnabas.

La rencontre entre ce vampire aux manières d'une autre époque et cette famille vivant dans le temps de la glorieuse société de consommation est évidemment propice à une succession de gags plutôt réussis et des dialogues souvent très drôles. Dans "Dark Shadows", Tim Burton opère aussi une sorte de synthèse de son cinéma (on pourra facilement lui reprocher de faire du recyclage) avec, comme (presque) toujours, un Johnny Depp grimé, un manoir maudit hanté par des fantômes comme dans "Beetlejuice" et une foule en colère comme dans "Edward aux Mains d'argent", une histoire de vengeance sur fond de malédiction comme dans "Sweeney Todd"... Bref, Tim Burton se cite et multiplie les clins d'oeil à ses propres oeuvres en retrouvant ses thèmes familiers - famille forcément dysfonctionnelle, société abrutie par le consumérisme... - tout en convoquant les éléments fantastiques qui lui sont chers.

Tout n'est pas pour autant réussi. Le scénario est la principale faiblesse du film : assez convenu sans véritable enjeu dramatique, il ne parvient malheureusement pas à faire exister assez ses personnages secondaires pourtant intéressants.  Néanmoins, Tim Burton parvient à nous emporter dans cette aventure grâce à son sens de la mise en scène (impeccable), aidé par des décors gothiques somptueux et des effets visuels très impressionnants. Il nous offre également des scènes complètement barrées et psychédéliques dont il a le secret, comme cette séquence jubilatoire de sexe acrobatique entre Angélique et Barnabas, ou encore leur affrontement final assez surpenant. Le casting prestigieux qu'il s'est offert est dans l'ensemble très convaincant : mention spéciale à Eva Green qui surprend plus que Johnny Depp en mode méga bitch blonde sexy en diable, à Michelle Pfeiffer qu'on est content de retrouver et à Helena Bonham Carter, toujours aussi folle.

"Dark Shadows" est donc un divertissement très plaisant dans l'ensemble, bien que non exempt de défauts, qui a le mérite de nous faire enfin retrouver l'univers sombre et fou de Tim Burton où cohabitent noirceur et fantaisie. Un plutôt bon cru... Espérons qu'il continue sur cette voie.

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Queer Palm 2012 : le guide est en ligne

9 mai 2012
| Mots-clés:

Le guide de la prochaine Queer Palm est disponible en ligne, à télécharger ici.

" Ce prix incarne les thématiques qui nous sont chères, les questionnements qui parcourent nos vies, nos bonheurs, nos malheurs, notre besoin de représentation, comme une preuve supplémentaire que nous, queers de tous pays, de tous genres, de toute orientation sexuelle, sommes là et bien là", comme l'explique son fondateur Franck Finance-Madureira dans son édito.

Vous en saurez plus sur le jury de la Queer Palm et sa présidente Julie Gayet en lisant ce guide, qui contient aussi un dossier sur l'année ciné LGBTQI co-écrit par votre serviteur et une interview d'Oliver Hermanus (lauréat de la précédente édition pour son film Beauty), ainsi que les films pressentis cette année...

Bonne lecture !

 

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TriBeCa 2012 : Prix du public pour « Any day now », qui traite de l’adoption par un couple homo

29 avril 2012

 

Garret Dillahunt et Alan Cumming

Le Festival du film indépendant de TriBeCa à New York, créé en 2002 par Robert De Niro, Jane Rosenthal et  Craig Hatkoff, a décerné hier son prix du public à deux films ex aequo : "Any Day Now", un drame sur fond d'adoption par un couple homosexuel, et "Burn", un documentaire sur les pompiers de Détroit.

Également lauréat du prix du meilleur film narratif, "Any Day Now" de Travis Fine s'intéresse au parcours d'un aspirant chanteur (Alan Cumming, acteur ouvertement bi), qui recueille un enfant trisomique avec son compagnon (Garret Dillahunt, qui joue actuellement dans la série "Raising Hope"). Confrontés à l'homophobie des institutions et de la société dans le Los Angeles des années 70, ils vont devoir se battre pour obtenir le droit d'adopter l'enfant. Une histoire vieille d'une trentaine d'années qui reste plus que jamais d'actualité.

voir l'interview d'Alan Cumming et Garret Dillahunt sur le site d'ABC

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Critique : « Radiostars » de Romain Levy

23 avril 2012

Enfin un film français vraiment drôle ! Voilà ce que je me suis dit à la sortie de “Radiostars”. Premier long-métrage de Romain Levy, à qui on doit notamment le scénario de films potaches comme “Les 11 commandements” ou “Cyprien”, ce film est le prototype de ce que les américains appellent le feel good movie d’où l’on ressort avec la banane, qui dépoussière bien comme il faut la comédie française à coup d’ondes de choc. À la fois road movie et film de potes au casting très réussi, “Radiostars” enchaîne les situations improbables ou un peu trash, les répliques déjà cultes et autres vannes 4 étoiles pendant 1h40 pour le plus grand plaisir du spectateur. Il parvient aussi à nous toucher, souvent. Il n’en fallait pas plus pour que le bouche-à-oreilles tourne à plein régime et fasse de cette comédie un succès amplement mérité.

D’inspiration largement autobiographique, Radiostars nous emmène dans les coulisses de Blast FM et de son émission phare, le Breakfast club (qui n’est pas sans rappeler le 6/9 de NRJ sur lequel officiait Manu Payet il y a quelques années). Mené depuis des piges par Arnold (Clovis Cornillac) entouré de ses compères Alex, le comique de service (Manu Payet) et Cyril (Pascal Démolon), quadra mégalo, le Morning est n°1 en France et ses animateurs peuvent tout se permettre. Comme par exemple d’embaucher un nouvel auteur pour l’émission sans avoir lu aucun de ses textes : Ben (Douglas Attal), 25 ans, fraichement débarqué de New York où il n’a pas réussi à percer dans le stand-up et s’est fait larguer avec un paquet de M&M’s peanut butter commandés sur internet et estampillés “Loser”. Sauf que voilà, l’émission est en fait passée n°2, et leur big boss pas vraiment ravi décide d’envoyer l’équipe faire une tournée estivale dans les villes où ils lui ont “niqué son audience”.

Cette dream team, parmi laquelle on compte aussi un stagiaire bègue accro au RedBull (Côme Levin) et un sympathique larbin surnommé Smiters (Benjamin Lavernhe), doit alors prendre la route en bus pour reconquérir son public. Le personnage de Ben, le petit nouveau qui débarque, nous permet de nous intégrer à cette bande et de découvrir les personnalités hautes en couleur des ses membres. Pas une seule fausse note au niveau du casting : Clovis Cornillac n’avait pas été aussi bon depuis longtemps et s’avère très convainquant dans le rôle de l’animateur charismatique irascible qui ne vit que pour sa passion. Manu Payet est hilarant comme à son habitude en mec libidineux mais fidèle qui s’excite par procuration en encourageant Ben à coucher avec des groupies dans chaque ville, notamment une gourdasse qualifiée de “Hitler avec un BEP coiffure”. Il y a aussi la révélation Douglas Attal, dont c’est le premier grand rôle, charmant et touchant en jeune auteur qui manque de confiance en soi au point de confier ses mots à son nouveau pote. Les seconds rôles, travaillés, sont au diapason et complètent parfaitement cette bande qu’on aurait forcément envie de rejoindre, et c’est tout ce qu’on demande à un film de potes qui se respecte.

Grâce à une écriture moderne et ultra efficace parce que souvent vraie et crue, ce film parlera forcément à la génération des 15-30 ans qui ont grandi en écoutant ce type d’émissions. Le côté road movie de Radiostars permet aussi de multiplier de pures situations de comédies à base de choc des cultures et de rencontres improbables dont celle – jouissive – de la troupe avec Léonard de Vitry, un rappeur dont le hit devrait faire parler de lui. Plein de bonnes idées, l’ambiance de folie qui règne sur le film, ses dialogues savoureux et sa bande originale de premier choix lui confèrent un indéniable potentiel culte. Preuve en est l’utilisation de plus en plus répandue d’une nouvelle expression que vous enseignera Manu Payet : un bon ‘doss’. Bref, on passe un excellent moment. Malgré une fin un peu consensuelle à laquelle on a du mal à croire, Radiostars est une excellente comédie à ne pas manquer !

Video didn’t kill the radiostar(s)…

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Avant-première mondiale de « Avengers » : interviews, photos et réactions

13 avril 2012

Cette année, Marvel et DC Comics s'affrontent sur les écrans avec deux adaptations ciné de leurs BD très attendues :  "Avengers" côté Marvel, et "The Dark Knight Rises" côté DC. C'est l'écurie Marvel qui dégaine en premier en réunissant 6 de ses vengeurs  dans un film de Joss Whedon (le créateur de la série Buffy) : j'ai nommé Iron Man (Robert Downey Junior), l'incroyable Hulk (Mark Ruffalo), Captain America (Chris Evans), Thor (Chris Hemsworth), La veuve noire (Scarlett Johannson), Oeil de Faucon (Jeremy Renner), sous la houlette de Nick Fury (Samuel L. Jackson).

Si la qualité des précédentes adaptations de BD mettant en scène ces héros de chez Marvel dans leur propre film n'était pas toujours au rendez-vous (par exemple Thor, pour ne citer que celui-là), il semblerait que cette ligue de vengeurs réunis pour vaincre le grand méchant Loki a séduit ceux qui ont eu la chance d'assister à l'avant-première mondiale de "The Avengers" ce 11 avril à Los Angeles, où toute l'équipe du film était présente.

L'équipe de "Avengers"

Découvrez ci-dessous les interviews de :

- Scarlett Johannson (La veuve noire)

- Robert Downey Jr (Tony Stark/Iron Man)

- Samuel L. Jackson (Nick Fury)

FilmsActu.com a d'ailleurs compilé une série de tweets élogieux suite à la projection. Edgar Wright, l'auteur de "Shaun of The Dead" a décrit le film comme "un gigantesque paquet de pop-corn tombé du paradis" et a eu "un énorme sourire" du début à la fin du film. Un blogueur de Slashfilm a déclaré : "Il y a probablement plus d’action pendant le climax du film que dans tous les Marvel réunis" alors qu'un journaliste du Hollywood Reporter en a parlé comme d'une " bombe [...] Pas une fausse note. Innovant. Brutal et sacrément drôle". Le scénariste de "Lost", Damon Lindelof, a quant à lui déclaré que "le Hulk qu’on attendait depuis toujours est enfin arrivé", avis partagé par de nombreux twittos.

Nous autres spectateurs français devrons attendre le 25 avril pour nous faire notre propre avis. En ce qui me concerne, c'est surtout "The Dark Knight Rises" que j'attends impatiemment et qui sortira trois mois plus tard, le 25 juillet 2012.

 

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11 affiches minimalistes de classiques de Disney

13 avril 2012

À Liverpool, le designer Rowan Stocks-Moore a réalisé une série de 11 superbes affiches minimalistes de grands classiques de chez Disney : Le Roi Lion, Blanche Neige, Peter Pan, La Petite Sirène et les autres sont tous là…

Du très joli travail !

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Critique : « Sur la piste du Marsupilami » d’Alain Chabat

12 avril 2012

Une affiche hideuse, une bande-annonce pas drôle, un Marsupilami aux allures de peluche... on pouvait s'attendre au pire. Et pourtant, "Sur la piste du Marsupilami" s'avère au final être une plutôt bonne comédie, qui réussit à allier à l'instar "d'Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre" du même Alain Chabat le côté cartoon et l'esprit des Nuls.

Même si tout n'est pas réussi et si on peut regretter un côté un peu trop familial, le film est suffisamment déjanté et offre quelques séquences déjà cultes qui suffisent à emporter l'adhésion.

Contrairement à ce qui avait été fait pour son "Astérix", Alain Chabat et son coscénariste Jeremy Doner ont adapté Franquin sans reprendre l'intrigue d'un des albums orginaux du Marsupilami, mais en piochant dans son univers visuel riche et bariolé. Chabat incarne Dan Geraldo, un reporter raté en quête de scoop pour sauver sa carrière, qui arrive en Palombie (un pays fictif latin dont la devise est "Palompeu, Palombien"),  sans se douter qu'il y fera la plus incroyable des découvertes... Avec Pablito (Jamel Debbouze), guide local plein de ressources, ils vont mener une aventure trépidante et rencontrer le fabuleux Marsupilami, animal mythique qu'on "croyait qu'il n'existait pas et finalement qui n'existe". Une trame très classique de buddy movie d'aventure qui va heureusement donner lieu à des moments assez délirants comme Chabat en a le secret.

Après une exposition des personnages un peu laborieuse, où les blagues ont tendance à tomber à plat pendant près de vingt minutes, le film débute vraiment lorsque le duo de pieds nickelés Chabat - Debbouze, enfin constitué, part à l'aventure dans la jungle, prétexte à une avalanche de blagues ultraréférencées et de répliques qui font souvent mouche.

Chabat en profite pour nous offrir des moments de comédie pure, notamment lors d'une scène impliquant Jamel Debbouze et un chihuaha, et laisse la voie libre à ses comédiens pour des compositions souvent convaincantes : Si Jamel fait son Jamel en nous rejouant une énième fois un rôle de petit escroc sympathique (la dernière fois c'était dans "Hollywoo"), il ajoute un petit supplément d'âme à son personnage qui en devient touchant. Lambert Wilson en étonnera plus d'un en dictateur palombien dont la grande passion donnera lieu à LA séquence culte du film et Fred Testot nous rappelle quant à lui le grand Michel Serrault en grand méchant complètement barré, alors que Patrick Timsit semble surjouer son rôle de petit nazillon psychopathe accro au tazer.

Quant au Marsupilami en lui-même, force est de constater qu'il est trop meugnoooon... La société française BUF a réussi l'exploit de faire de lui un véritable personnage aux expressions soignées et aux mouvements ultrarapides très bien animés. C'est fou ce qu'il peut faire avec sa queue... ! Et il nous offre des séquences mêlant action et humour d'une grande efficacité.

"L'animal qu'on croyait qu'il n'existait pas mais qui n'existe"

On pourra néanmoins regretter un ton consensuel voire mièvre et des gags globalement destinés à un public très familial (plus que pour "Mission Cléopâtre"), avec certains éléments de scénario inutiles comme une prophétie dont on se fout éperdument, des scènes de danse trop longues et des blagues pas toujours drôles. Mais pas de quoi gâcher le plaisir devant ce bon gros divertissement, joliment illustré et très bien rythmé.

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Critique : « Young Adult » de Jason Reitman

3 avril 2012

En seulement trois films ("Thank you for smoking", "Juno" et "In the air"), Jason Reitman, fils d'Ivan, a réussi à se faire un prénom. Passé maître dans l'art de la comédie satirique après ces trois succès critiques et publics, son dernier opus "Young Adult" était plutôt attendu au tournant. D'autant plus qu'il a fait de nouveau appel à la scénariste star de son carton "Juno"Diablo Cody. Le résultat : une anti-comédie romantique acerbe qui offre à Charlize Theron un rôle en or, mais déçoit un peu.

"Young Adult" surprend par son thème original et son personnage principal tout simplement odieux. C'est un peu l'histoire d'une prom queen passée de l'état de star du lycée à celui de déchet en une quinzaine d'années. Charlize Theron incarne Mavis, une trentenaire divorcée qui a réussi en écrivant une série de livres pour ados (ou young adult selon le classement des libraires outre-atlantique) et vit désormais dans la "grande ville", Minneapolis en l'occurrence. Un beau matin, elle reçoit par mail un faire-part de naissance de la part de son ex du lycée, Buddy Slade (Patrick Wilson), qu'elle n'a pas vu depuis des années. S'étant mise en tête qu'il était l'homme de sa vie, elle décide de le reconquérir, faisant fi de son bambin et de son mariage heureux. Elle retourne donc à Mercury, le bled de son enfance afin de mettre son plan de briseuse de ménage à exécution.

L'actrice incarne à merveille ce personnage ambigu d'adulescente nostalgique qui s'aperçoit de la vacuité de sa vie présente, entre solitude et carrière en bout de course. La plupart du temps vêtue de vieux joggings et t-shirt Hello Kitty, quand elle ne joue pas à la star glamour pour séduire son ancien amant, Mavis voit dans son passé idéalisé l'espoir de jours meilleurs, et lutte envers et contre tous contre le destin. À la fois insupportable et attachante, elle noie son insécurité dans l'alcool et cache son mal-être derrière une attitude sur d'elle et méprisante, ce qui génère des séquences ultra grinçantes. Bien que ce retour en arrière soit un terrible échec, elle persiste jusqu'au bout dans le déni de réalité jusqu'à une scène qui atteint des sommets dans le genre "awkward", comme disent les ricains. Un personnage antipathique et pathétique du début à la fin, pour lequel on ne peut pas s'empêcher d'avoir de la pitié en dépit de sa profonde méchanceté grâce à l'immense talent de son interprète.

Le problème, c'est qu'à force d'être grinçant et misanthrope, le film s'enfonce dans la gravité et en devient quasiment dépressif, ce qui nous plombe joliment l'ambiance. On sourit plus qu'on ne rit et on a même plus souvent envie de pleurer tellement tout cela semble désespéré, à l'image de la quête de Mavis. On est loin du vent de  légèreté qui soufflait sur "Juno", par exemple. Un film beaucoup plus amer que doux, donc.

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« The Dark Knight Rises » : la bande-annonce façon LEGO

29 mars 2012

Pour ceux qui comme moi sont très impatients de voir la conclusion de Christopher Nolan à sa trilogie Batman : "The Dark Knight Rises", voici une petite pépite pour patienter avant la sortie du film le 25 juillet prochain. La bande-annonce version longue entièrement réalisée avec des Lego, calquant plan par plan l'original.

Un résultat stupéfiant ! Fallait y penser...

La bande-annonce originale ci-dessous pour comparer.

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