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critiques | 03.04.2012 - 10 h 25 | 4 COMMENTAIRES
Critique : « Young Adult » de Jason Reitman

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En seulement trois films (« Thank you for smoking », « Juno » et « In the air »), Jason Reitman, fils d’Ivan, a réussi à se faire un prénom. Passé maître dans l’art de la comédie satirique après ces trois succès critiques et publics, son dernier opus « Young Adult » était plutôt attendu au tournant. D’autant plus qu’il a fait de nouveau appel à la scénariste star de son carton « Juno »Diablo Cody. Le résultat : une anti-comédie romantique acerbe qui offre à Charlize Theron un rôle en or, mais déçoit un peu.

« Young Adult » surprend par son thème original et son personnage principal tout simplement odieux. C’est un peu l’histoire d’une prom queen passée de l’état de star du lycée à celui de déchet en une quinzaine d’années. Charlize Theron incarne Mavis, une trentenaire divorcée qui a réussi en écrivant une série de livres pour ados (ou young adult selon le classement des libraires outre-atlantique) et vit désormais dans la « grande ville », Minneapolis en l’occurrence. Un beau matin, elle reçoit par mail un faire-part de naissance de la part de son ex du lycée, Buddy Slade (Patrick Wilson), qu’elle n’a pas vu depuis des années. S’étant mise en tête qu’il était l’homme de sa vie, elle décide de le reconquérir, faisant fi de son bambin et de son mariage heureux. Elle retourne donc à Mercury, le bled de son enfance afin de mettre son plan de briseuse de ménage à exécution.

L’actrice incarne à merveille ce personnage ambigu d’adulescente nostalgique qui s’aperçoit de la vacuité de sa vie présente, entre solitude et carrière en bout de course. La plupart du temps vêtue de vieux joggings et t-shirt Hello Kitty, quand elle ne joue pas à la star glamour pour séduire son ancien amant, Mavis voit dans son passé idéalisé l’espoir de jours meilleurs, et lutte envers et contre tous contre le destin. À la fois insupportable et attachante, elle noie son insécurité dans l’alcool et cache son mal-être derrière une attitude sur d’elle et méprisante, ce qui génère des séquences ultra grinçantes. Bien que ce retour en arrière soit un terrible échec, elle persiste jusqu’au bout dans le déni de réalité jusqu’à une scène qui atteint des sommets dans le genre « awkward », comme disent les ricains. Un personnage antipathique et pathétique du début à la fin, pour lequel on ne peut pas s’empêcher d’avoir de la pitié en dépit de sa profonde méchanceté grâce à l’immense talent de son interprète.

Le problème, c’est qu’à force d’être grinçant et misanthrope, le film s’enfonce dans la gravité et en devient quasiment dépressif, ce qui nous plombe joliment l’ambiance. On sourit plus qu’on ne rit et on a même plus souvent envie de pleurer tellement tout cela semble désespéré, à l’image de la quête de Mavis. On est loin du vent de  légèreté qui soufflait sur « Juno », par exemple. Un film beaucoup plus amer que doux, donc.

LES réactions (4)
Critique : « Young Adult » de Jason Reitman
  • Par Whicolom 03 avr 2012 - 23 H 03

    @snapshot, honnêtement, je suis absolument d’accord avec toi sur presque tous les points, que ce soit la mollesse généralisée, le rôle éblouissant d’Oswalt ou la morale bécassoune… Cependant, si j’ai aimé aussi les veillées de débauche des deux personnages principaux, j’ai regret qu’elles n’aient pas pris plus de place dans l’intrigue, qu’une morale moins morale (héhé)ne soit pas née de ces échanges acides, que ça n’ait pas explosé davantage, quoi !

    J’ai été déçue aussi, en fait.

     
  • Par snapshot 03 avr 2012 - 15 H 28

    Il y a les films qui me plaisent sur le moment et dont je ne me rappelle même pas du titre 10 jours plus tard, je ne peux pas en citer puisque je les ai oubliés… Il y a les films qui ne plaisent pas du tout sur le moment et qui traînent dans mon esprit comme des chewing gums sous mes godasses (« Shame » de Steve Mcqueen avec Michael Fassbender par exemple).
    Young Adult, manque d’un regard plus caustique sur le personnage de Charlize Theron, mais comment en vouloir à J. Reitman d’être sous le charme de son interprète principale. Patrick Wilson est insipide, Patton Oswalt (Matt l’handicapé) est ma-gni-fi-que… L’ensemble est un peu mou et complaisant, la morale est digne de « Martine à la plage », mais il me reste un parfum agréable, une nostalgie des beuveries de Matt et Mavis

     
  • Par Etienne Daho 03 avr 2012 - 10 H 42

    D’accord avec toi. J’irais même plus loin en disant que cette scène « awkward » est non seulement étrange mais surtout pathétique. Je n’ai pas compris – et ne comprendrai jamais – cette séquence qui se veut « kewl » mais ne fait que tuer le seul intérêt du film : Charlize Theron. Ou comment saborder son oeuvre en 4 minutes.

    Bref. Le scénario ne vaut rien. La réal est plate. Même la BO est décevante. Une daube de plus.

     
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